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Voyage Hawaii D-Day Samedi 10 Octobre

Le 10/10/2009

A l'occasion de ma participation au triathlon d'Hawaii, je vous propose de partager quotidiennement mon journal de voyage.

 A l'occasion de ma participation au triathlon d'Hawaii, je vous propose de partager quotidiennement mon journal de voyage.

3H45 Réveil des troupes. Le sommeil a été agité mais j'ai réussi à dormir 6 heures par tranches de 1 à 2 heures. Pas de quoi s'inquiéter car les nuits précédentes ont été bonnes. Petit déjeuner avec un gâteau énergétique.
4h30 Départ de l'appartement. Le long de la route, les volontaires s'affairent à préparer leurs postes de ravitaillement à la lumière des groupes électrogènes. Ils seront 5000 bénévoles au service des 1800 coureurs. Chapeau à eux !
5h30 Nous arrivons à l'enceinte de départ ou nous franchissons une série de sas dédiés à chaque opération :
• Identification des athlètes au moyen d'un bracelet individuel. Le mien est vert pour ma catégorie d'âge 45-49 ans ou nous sommes 183 concurrents. Mon numéro de dossard est "706"
• Dépose des sacs de ravitaillement personnel. Pour le vélo, 2 bidons de boisson d'effort Go Drink et du solide qui me seront rendus au demi tour d'Hawi. Pour la course à pied, 4 flasques de boisson et une flasque de gel énergétique.
• Marquage individuel de notre numéro de dossard sur chaque bras. 
 


  • • Ensuite accès au parc à vélo. Il fait toujours nuit noire. Gonflage des boyaux à 8,5 bars. Installation des bidons. L'aube commence à se lever. Un dernier coup de fil à mes proches. Je vérifie que j'ai mon bonnet et mes lunettes et dépose mon sac "Pre-swim". Je le récupérerai à la fin de la course.
    06h15' Je gagne la plage, m'assois sur le muret et rentre dans ma bulle. Dans le ciel, 4 Navy Seals sautent en parachute et atterrissent sur la ligne de départ. Le show continue.
    6h43' Hymne national chanté en direct.
    6h45' Coup de canon pour le départ des 160 athlètes professionnels. J'ai 15' pour m'échauffer et me mettre sur la ligne de départ. Je croise par hasard Jérôme. Je me place au milieu en 2ième ligne. Ayant progressé cette année en natation, je sais que je peux partir avec les meilleurs sans prendre le risque de me faire passer dessus par une bande de fous furieux.
    7h00 C'est parti. Les 500 premiers mètres sont à bloc. Pas le temps de réfléchir, je nage à fond. Le rythme est élevé et j'alterne 2 et 3 respirations. Avec tous les plaisirs associés : coup de coude, coup de pied, tasse...Après 30mn, j'atteins la bouée du demi-tour. 200 m de ligne droite et c'est le retour. Les choses se calment et nous progressons en 2 files indiennes parallèles. Je reste attentif à rester dans les pieds. On économise ainsi 20% d'effort. Après 2500m, je sens les crampes me titiller les adducteurs, signe que je bats un peu trop fort des pieds. Je compense en essayant d'améliorer mes appuis et me laisse doubler si nécessaire. Enfin la sortie de l'eau en 1h1'41" en 373ième position. Je gagne 4' sur l'édition 2005 et suis satisfait.
    Passage express par la tente pour enlever ma speed suit et je rejoins mon vélo. Les lunettes et le casque enfilés, je gagne la sortie du parc et monte sur mon vélo. Les 10 premiers kilomètres sont un aller/retour sur une route en faux plat montant. Je suis très vigilant, ça frotte. Le risque de chute est réel. Nous arrivons sur la 2 voies de Queen Ka'ahumanu Highway pour 45 km de ligne droite. J'ai décidé de bien "gérer" mon vélo en ne dépassant pas 142 pulsations par minute. Les premières contrariétés de course ne tardent pas à arriver :
    J'étais parti avec un stock minimum de barres énergétiques comptant sur les ravitaillements installés tous les 15 km. Mais là, impossible de trouver le volontaire qui me tende cette foutue barre et je n'ai pas envie de commencer les gels maintenant. Je loupe le ravitaillement une fois sur 2.
    Ensuite, alors que je roule à mon rythme, des paquets de cyclistes remontent par derrière et me doublent sur 2 ou 3 files. Comme sur une cyclosportive... Il y a bien quelques arbitres mais ils font preuve d'un certain laxisme dans l'application des 2 règles "20-25 s pour doubler et se rabattre" et "rouler en file unique". Je ne m'énerve pas car je garde en tête mon objectif de faire "ma course" sans tenir compte des autres.

Fabrice puis Jérôme me doublent en m'encourageant. Dans la montée de Hawi, je croise les leaders qui redescendent. Impressionnants ! J'arrive au demi tour d'Hawi au km 95 en 2h49' moyenne 33.8 km/hr. Compte tenu du peu de vent rencontré jusque là, c'est conforme à mon niveau. Je récupère mon ravitaillement personnel et profite des 20km de descente pour m'alimenter. Vers le 110ième km, mon ami Emmanuel me double. Mes pulsations commencent à baisser signe d'un manque d'alimentation. A partir de là, je décide de prendre 2 gels à chaque ravitaillement en plus de 2 bidons d'eau pour m'arroser.
Les 50 derniers kilomètres seront très éprouvants. Nous rencontrons un vent fort et chaud venant de la mer. Sous mon casque profilé, je bous. J'ai peut être fait une erreur en succombant au "look aéro" et en écartant mon casque classique plus aéré. La combinaison du vent et de la chaleur accentuent le risque de déshydratation. Je prends grand soin de m'arroser d'eau et de boire des litres de boisson d'effort. Des concurrents continuent de me doubler. Je ne m'inquiète pas. Comme en mai dernier, lors de l'Ironman de Lanzarote, j'anticipe un marathon très dur ou tout peut arriver. Je pense aussi à mon frère François qui se régalerait en planche à voile avec un zef pareil. Après 86 km, je rejoins le parc en 2h42' à la moyenne de 31.6 km/heure (note: il s'agit du trajet retour après le 1/2tour de Hawi). Je suis 556ième à ce moment et 35ième dans ma catégorie.
Je récupère mon sac de course à pied sur son rack et gagne la tente de changement. J'enfile chaussettes, chaussure et casquette. C'est parti pour 42.2 km ! Je me suis fixé un objectif de 3h30' ou 12 km/h (8' au mile). Les 16 premiers kilomètres sont un aller retour de 8km sur "Ali Drive", la route côtière qui longe la mer à 50m. J'ai de bonnes sensations sur les 8 premiers kilomètres. Mais dès le retour, une chape de plomb s'abat sur moi. 36° à l'ombre, pas de vent, 70% d'humidité, j'étouffe ! A chaque ravitaillement, je m'arrose à grande eau et glisse des glaçons dans ma combinaison. L'impression de fraîcheur fait illusion un instant puis la cocotte se remet à bouillir. Avec mes chaussures pleines d'eau, j'ai l'impression de traîner des semelles en plomb. Le plus petit faux plat devient une épreuve. L'envie de marcher me vient. Je me fixe comme objectif d'attendre la montée de Palani Road à 5-6 km. Autour de moi, c'est aussi la débandade. Un coureur me double et 500 m plus loin je le retrouve arrêté sur le bord. Ma vitesse est descendue à 9-10 km/h.

Enfin la côte de Palani road, 500 m à 6-8%. Je marche 300 m jusqu'au poste de ravitaillement, même si je suis le seul ! Je sais par mes amis traileurs que dans une bosse pareille et dans ces conditions, c'est la meilleure solution ! Ensuite se profile la grande ligne droite de 9km menant jusqu'à l'entrée d'Energy Lab. Dès le premier faux plat descendant, je sens qu'il y a plus d'air, il ferait presque frais. Enfin je respire ! Pendant 5 km, les jambes me reviennent progressivement malgré un point de côté. Dans la descente d'Enery Lab, je rencontre Ahmed, un égyptien. Pendant 10 km, nous allons courir ensemble en nous encourageant. L'aller/retour de 3,5 km d'Energy Lab passe vraiment bien. Ma moyenne remonte à 11-12 km/hr. Un coup d'oeil à ma montre. A ce rythme, je peux encore finir sous les 10h30'. Un bel objectif qui me motive !
A la sortie d'Energy Lab, je vois Manu un autre ami. Il est arrêté après s'être vidé l'estomac... Il est au plus mal et je l'encourage à repartir avec nous. Le retour est une succession de faux plats montants et descendants. Les points de ravitaillement situés tous les 2 km sont des oasis qu'il me faut atteindre au plus vite. Arrivé, le rituel est le même : je marche, 2 verres d'eau sur la tête, des glaçons dans la combinaison, 2 verres de Gatorage ou un gel puis à nouveau 2 verres d'eau sur la tête et les bras. Et c'est reparti en courant.
A 5 km de l'arrivée, je réalise que l'objectif des 10h30 est très tendu. Ahmed montre des signes de fatigue alors que Manu a retrouvé ses jambes et nous double. Je décide de lâcher Ahmed et pars seul. Chaque foulée me rapproche de l'arrivée. Une dernière côte avant la descente de Palani Road et la marque du dernier mile. Il me reste 7'. Je donne tout ce qu'il me reste. Virage à gauche, dans Kuakini Highway. 500m pour aller jusqu’au 3ième feu avant de redescendre à droite vers l'hôtel Uncle Billy. Encore 500 m sur Alii Drive avec ses boutiques et cet énorme arbre. J'entends maintenant clairement le speaker. Je continue mon sprint, double 3 concurrents et franchis la ligne d’arrivée. Le speaker clame : "Marc Vedrinelle, Yes you are an Ironman !". Je m'accroche à la barrière pour reprendre mes esprits.
Le chronomètre indique 10h30'26" en 527ième position au scratch. 36ième dans ma catégorie d'âge, je gagne 29 places après un marathon en 3h50'44". Par rapport à ma dernière participation en 2005, j'améliore mon temps de 11 mn et gagne 240 places.

 

Maintenant je peux commencer à savourer le fruit de ces 6 mois d'entraînement. Et profiter de l'acceuil derrière la ligne d'arrivée ! Une bénévole me passe un collier de fleurs autour du coup.

Puis le rituel : Retrouvailles avec les copains, pizza, glace, douche, photo avec notre T-Shirt de finisher, massage.

18h15, la nuit tombe sur Kona.

 

 

   

Sur la ligne d'arrivée, la fête continuera jusqu'à l'arrêt du chronomètre à minuit. Nous nous asseyons pour participer à cette fête. Un passage par le "liquor store", nous ressortons avec quelques "bud" bien fraîches et savourons.
23h00 La fatigue prend le dessus. Nous décidons de rentrer à l'appartement. Sur Queen Ka'ahumanu Highway, les postes de ravitaillement sont toujours opérationnels pour accueillir les derniers coureurs. Ceux-ci ont déjà 16h00 d'effort. Ils finissent leur marathon "à la frontale". Quel courage ! Respect !